Iris Agate. Une saison dans l’Enfer des profs

Bon été à tous, et merci à Gérard Lambert et à sa chronique sur mon livre que je reproduis ici et que vous pouvez retrouver aussi sur le site d’informations 7Seizh.

 

Une saison dans l'enfer des profs.inddL’Education Nationale. Son charabia. Ses centres de formation. Ses inspecteurs. Si vous saviez ! Mon dieu si vous saviez ! Si vous saviez le Pompidolium ! Et c’est censé préparer vos gosses à la vie réelle. Ma Doue, ma doue ! L’Education Nationale française. Wôlôlô… Pas les profs s’entend… Non, non… la méga-machine !… la bureaucratie jargonante !… les pédagodingues à triple völapuk intégré… et tout ça avec votre argent, camarades ! Et sur vos gamins ! Wôlôlô !…

C’est bien simple, si les gens savaient exactement comment fonctionne la formation des enseignants dans l’Educ’ Nat’, ce serait des émeutes dans les rues. Pire que Soweto ! Le gouvernement tomberait en 8 jours. Je n’exagère pas d’une miette. Le monde entier se fout de nous. Faut le dire, faut le dire ! Sachez-le ! L’administration et le contrôle pédagogique de l’Education Nationale Française c’est le dernier bastion des 68ards sur le retard. Toute cette prodigieuse engeance jacassante qu’il aurait fallu envoyer au goulag. Même en Haute-Volta ils ne nous les prendraient pas au kilo !

Donc Iris Agate a subi. Tout ça… « L’ontolongie segmentielle », la « transversale des possibles »… les petits gros sourcilleux, le vendredi à 17h. Et elle en a fait un livre de sa souffrance… plein de feu et de terrible. Elle voulait pourtant apprendre aux enfants. Collégiens. Mais l’Education Nationale a décidé de la dévorer. Parce qu’il faut poursuivre dans l’erreur. Poursuivre dans l’expérimentation pédagogique.. jusqu’à ce que « l’Enfant nouveau » apparaisse !…

Je touche son abysse personnelle du doigt car elle n’a pas tout raconté. Pas été assez profondément dans les cercles de l’Enfer… peut-être s’est elle « auto-remédiée » depuis ? Peut-être qu’elle n’a pas osé ? La réalité est encore plus terrible en vérité. Iris Agate aura trouvé une protection littéraire pour parler de ses années gâchées à être une « stagiaire de l’Education Nationale » : elle insère, entre ses aventures, des extraits de l’Enfer de Dante. Façon classieuse de dire sans le dire. De faire comprendre au lecteur la souffrance d’une apprentie-prof. Mais sans trop y aller à la sulfateuse. Avec classe. Iris Agate est trop bien éduquée. C’est le pays de Retz ça… Drame, drame. Parce que ce n’est pas Dante qu’il faut insérer entre les lignes quand on parle du Grand Bazar, c’est les Dents de la Mer. Vous nagez tranquillou… plein de bleu dans le ciel et tout d’un coup une saloperie de requin à lunettes vous arrache la jambe et part se la bouffer tranquillou au rectorat. Vous pensez que c’est fini et hop, le bestiau revient et vous arrache la cuisse en une inspection.

Et vous nagez, et vous coulez…

Et l’école de vos gosses coule… lentement… Et surtout vos gosses coulent…. lentement… se noient dans la « pédagodinguerie » façon Philippe Meirieu…

Lisez Iris Agate et descendez dans les rues, merde quoi ! Elle, elle a voulu se battre !

Une saison dans l’enfer des profs : la divine comédie, Iris Agate. le Temps éditeur.

Une saison dans l’enfer des profs… par Exogène

Je vous livre ici la chronique d’Exogène sur mon ouvrage. Vous pouvez la retrouver ainsi que d’autres chroniques du même auteur sur le site d’information en ligne Seizh 7.

Une saison dans l'enfer des profs.inddLa Divine Comédie, tel est le sous-titre de cette auto-fiction écrite sous le mystérieux pseudonyme d’Iris Agate, pseudo qui semble bien être l’anagramme de stagiaire… Nous le savons tous, l’éducation nationale est une institution que le monde libre nous envie, surtout depuis que son dernier concurrent sérieux, l’armée rouge, a disparu.
Iris Agate l’a cru aussi. Editrice, elle a tenté et réussi brillamment le Capes de lettres, ce concours de la fonction publique qui permet d’enseigner dans les collèges et les lycées. Un peu naïve, elle a cru aux valeurs de la République, n’y a-t-il pas une épreuve de ce concours qui porte le doux nom de Agir en fonctionnaire de l’état, de façon éthique et responsable ? Ça fait rêver non ? Bienvenue au 21e siècle !
Bref, Iris a vécu en immersion le quotidien des jeunes enseignants qui viennent d’obtenir le précieux sésame. Et elle a découvert deux principes. Pour réussir, il faut être gris, tout gris, ne pas faire de vagues, ne pas se faire remarquer, dire bonjour à la dame, être poli avec la hiérarchie et surtout ne pas remarquer les incohérences, la nullité de l’enseignement dispensé pendant une année de stage à l’issue de laquelle les lauréats du concours seront ainsi titularisés, on devrait dire confirmés, au sens religieux du terme.
Deuxième principe, le principe d’inhumanité. Un rapport récent du Bureau International du Travail soulignait que les enseignants en France représentent un prolétariat déconsidéré à la fois par sa hiérarchie mais aussi par le principal syndicat d’enseignants, le SNES qui trop occupé à gérer ses très chers permanents, pour toute réponse, conseillera à Iris à l’issue de son licenciement de repasser le concours dans une autre académie. Ça, c’est ce qu’on peut appeler du syndicalisme de combat !
Comme beaucoup d’entre vous, je croyais qu’il fallait tuer quelqu’un pour perdre le statut de fonctionnaire. Que nenni. Quand vous passez un concours, le précieux sésame, vous ne l’avez pas. Vous l’aurez, si tout se passe bien, à l’issue d’une année de « stage » que d’aucuns pourront qualifier de mise en examen.
Car, oui, Iris s’est fait virer, comme une malpropre, au prétexte qu’elle ne « maîtrisait pas le français ». Ironie de l’histoire, ceux qui liront son roman pourront juger de la qualité de son style. La réalité, confirmée par de nombreux témoignages un peu partout en France, c’est que l’éducation nationale se débarrasse de tous ceux qui, avant de passer le concours, ont eu une expérience de vie, particulièrement, quelle horreur, dans le secteur privé. Dans le meilleur des mondes, il ne faut pas sortir du rang. Ne pas avoir eu vent de la vie réelle et surtout penser que l’école privée, c’est l’école des riches, le mal absolu. Et tant pis si une étude de 2016, conduite par un chercheur de l’Edhec, montre que les collèges privés sont surreprésentés parmi les établissements les plus mélangés socialement…
Coûte que coûte, il faut en rester au modèle de l’école de Jules Ferry, celle qui uniformise au nom de l’égalité. L’école de la République, qu’elle soit de droite ou de gauche partage les même valeurs : celles de la colonisation des esprits.
Mais revenons à la littérature. Car ce livre est une réponse littéraire faite à une injustice. Un roman au milieu d’une multitude d’essais au titre évocateur : La stagiaire et le mammouth, Ces profs qu’on assassine, L’école de la lâcheté, etc. Car comme le souligne une critique parue dans un quotidien breton, « le style caustique apporte beaucoup de légèreté à l’ouvrage », l’auteur comparant par exemple les figures de style (oxymores, chiasmes, hypotyposes…) à des noms de médicaments censés protéger des maladies intellectuellement transmissibles…
Enfin, au récit de ses aventures, l’auteure ajoute un deuxième récit qui, à la façon de Dante, lui permet de raconter sa propre descente aux enfers. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore lu, à l’issue de la lecture du roman d’Iris Agate, courez acheter « l’Enfer » de Dante, l’ouvrage fondateur de l’unité italienne écrit en… Toscan.
Mais sachons relativiser. Tout ce que raconte Iris Agate se passe dans l’éducation nationale. Qu’on se rassure, ce n’est pas dans les écoles bilingues de Bretagne que cela pourrait arriver. Dans ces écoles, on n’y cultive pas la pensée unique, on y a le plus profond respect et la plus profonde considération pour les enseignants. Et puis, ce n’est quand même la faute de l’Institution si par « manque de motivation des parents », les écoles Diwan de Pornic et Paris ont dû fermer !

Une école peut en cacher une autre

Harcèlement, violence morale et physique, mal-être d’une jeunesse, des adultes dépassés, une institution inhumaine pour laquelle la fin justifie les moyens, et qui préfère se voiler la face ou même jeter de l’huile sur le feu plutôt que de résoudre les problèmes et de faire face à ses responsabilités, voilà quelques thèmes explorés dans la saison 2 d’une excellente série, American crime, diffusée en France entre janvier et mars de cette année.

Certes, l’action se passe aux États-Unis, mais ce qui est dénoncé dans cette série – qu’il s’agisse de violence, d’homophobie, de racisme, ou encore d’une institution scolaire, uniquement préoccupée de son image, de son intérêt et du pouvoir de quelques-uns, prompt également à trouver des boucs-émissaires – pourrait l’être également en France et entre les murs de l’Éducation nationale.

Eh oui, une école peut en cacher une autre.

De quoi s’agit-il exactement ?

Faire taire la victime

L’histoire commence par la photo d’un lycéen, Taylor, prise pendant une fête, où on le voit en slip, à moitié inconscient et qui circule sur les réseaux sociaux accompagnée de commentaires insultants, dénigrants. C’est le point de départ, malheureusement classique où la victime devient un problème, surtout lorsque cette dernière ne fait pas partie du cercle influent des familles les plus riches qui aident au financement de l’établissement ; dans tous les cas, fait partie des plus faibles dont on peut se débarrasser facilement, – le croit-on – sans vague ni même remous.

Dans la diffusion de cette photo et des commentaires l’accompagnant, il y a là une atteinte à l’image, à la dignité, un harcèlement larvé, une violence psychologique qui prend peu à peu de l’ampleur, au sein de l’école et sur les réseaux sociaux. Or, comment réagit l’institution scolaire ? Plutôt que de chercher les responsables et de les sanctionner, plutôt que d’aider l’élève humilié, la directrice va renvoyer Taylor arguant que se retrouver pris en photo (contre son gré) et dans une posture humiliante ne sied pas au comportement normal d’un élève et que la photo diffusée, là encore contre son gré, nuit à l’image de son lycée.

Merveilleuse rhétorique que l’on trouve parfois et trop souvent à l’œuvre au sein de l’EN lorsqu’une hiérarchie fait l’autruche et préfère demander à l’élève harcelé de s’inscrire dans un autre établissement, ou encore lorsqu’elle traite un de ses membres éducatifs comme un fauteur de troubles, un abominable contestateur s’il en vient à relater le harcèlement dont il est victime ou dont il est témoin et essaie de s’en débarrasser.

Étouffer l’affaire

Mais les choses ne vont pas s’arrêter là. La mère de Taylor prend rendez-vous avec la directrice et lui demande de l’aide et des sanctions adaptées car – même si son fils refuse de lui parler, et cela peut se comprendre, de ce qui lui est arrivé – elle pense qu’il a été drogué durant cette fête puis violé. On est là bien sûr devant un cas qui aurait immédiatement dû être porté à la connaissance de la police. Mais non, là encore pour cette directrice et l’institution qu’elle représente, il faut se protéger à n’importe quel prix : protéger la réputation de son établissement et par là même protéger sa carrière.

Dans la réponse, ou plutôt la non-réponse apportée, ce qui frappe c’est la froideur, l’absence d’empathie, et enfin la perversité, à travers une stratégie mise en place pour étouffer l’affaire et toute velléité de plainte. Devant cette absence d’écoute, de réponse, l’engrenage va se mettre en place : la mère de Taylor finira par porter plainte, des dossiers sur sa vie seront alors déterrés pour salir sa personnalité, la faire passer pour folle en tout cas très instable, donc peu digne de foi ; Taylor lui-même sera accusé d’avoir eu des rapports sexuels consentis, et si ces rapports ont été violents, c’est que lui-même a des penchants masochistes… A la fin de la série, des vies sont détruites, au propre comme au figuré, peu de personnages en sortent indemnes…

D’un crime à l’autre, d’une école à l’autre

Et l’institution ? Oh, ses murs sont solides, elle s’en remettra, ne vous en faites pas.

J’ai regardé la série au moment où je terminais l’écriture de mon livre, Une saison dans l’enfer des profs. Et j’ai retrouvé, dans les méthodes utilisées, cette lâcheté, cette violence, cette mécanique perverse qui se met en branle dès que l’institution et surtout certains de ses membres se sentent menacés, dans leur petit pouvoir, leur carrière dérisoire.

Sur le site brain damaged, l’auteur de l’article préconise de diffuser la série « dans les écoles tellement elle est importante et parle de sujets difficiles auxquels la jeunesse est malheureusement confrontée ». Je suis d’accord, mais cela me semble peu probable. Pour cela il faudrait déjà que cette institution accepte de se regarder dans ce miroir peu complaisant, pour prendre en compte la réalité, bien loin des discours de façade et trop souvent biaisés auxquels elle est rompue. En un mot qu’elle accepte de grandir et d’être responsable.

Pourquoi Agate sans h ?

 

oeil 5Agate comme la pierre, pour un livre au style parfois lapidaire et une stagiaire lapidée ? Iris Agate, le mariage de la fleur et de la pierre ? Ou bien Agate, comme la bille en forme d’œil, et Iris qui en est la partie colorée. Cette symbolique de l’œil est intéressante surtout lorsqu’on l’applique au nom de mon héroïne et à mon nom de plume, Iris Agate, qui est l’anagramme de stagiaire.

oeil 4Car lorsque vous avez réussi votre concours, vous n’êtes pas enseignant, vous êtes stagiaire. Et que recouvre ce nom ? Un non-statut, un no man’s land, une zone de non-droit dans laquelle peut sévir une gent peu fréquentable tout juste occupée à abuser de son pouvoir, une identité confisquée au même titre que des droits. Que s’agit-il vraiment lors de cette année de stage ? D’observations et d’évaluations ni plus ni moins. Bien sûr, certains penseront que ces observations sont profitables, qu’il s’agit d’aider le stagiaire à améliorer sa pratique, à entrer dans le métier d’enseignant. Je le pensais aussi. Mais la réalité est tout autre.

oeil 3Le stagiaire est observé, scruté, épié par de multiples regards qui vont lui renvoyer une image parfois déformée, négative, une multiplicité d’images même que le stagiaire aura du mal à faire coïncider pour comprendre ce que l’on attend de lui mais aussi parvenir à cette image d’enseignant et être validé et titularisé. Le stagiaire n’est qu’un reflet qui ne doit surtout pas réfléchir par lui-même mais réfléchir le monde, les pensées, les points de vue de ceux qui réfléchissent à sa place. Être observé et se taire, voilà ce que l’on attend du stagiaire.

oeil 1oeil 2Regards croisés, convergents, divergents, contradictoires et souvent malveillants… c’est ce à quoi vous pourrez, en tant que stagiaire, être confronté.

C’est ce à quoi j’ai été confrontée : des regards floutés, biaisés, de travers, en coin, des jugements de valeur dénigrants sur ma personnalité et non sur ma pratique, pour une image en miettes. J’ai été dès le départ condamnée, enseignante mort-née avant d’avoir vécu ; qu’importe ma pratique, mon travail, j’étais jugée sur des préjugés, des ressentis. A l’instar de Smourov, dans Le Guetteur de Nabokov, plongé « au sein d’un enfer de miroirs dont il ne sortira qu’au moment où deux images pourront enfin coïncider », j’ai pu reconstituer une image, sortir de cet enfer, jouer avec les lettres et les mots et redonner au stagiaire une identité, Iris Agate et, pour mieux l’exprimer, deux yeux, un regard singulier, un point de vue, pour enfin réfléchir, à travers un roman et un nom de plume, les méthodes de ces observateurs/évaluateurs, cette « gent cruelle des assis ».

Elle est née la divine comédie…

Une saison dans l'enfer des profs.inddElle est née la divine comédie… Jouez hautbois, résonnez musettes ! Chantons tous son avènement ! Allons, n’exagérons rien, mais je suis vraiment heureuse d’avoir mon livre entre les mains, de le voir tout beau, fraîchement sorti des presses.

Cette saison dans l’enfer des profs se clôt sur une naissance : 300 g de papier pour une année bien amère ; 533 paragraphes pour dénoncer des méthodes inacceptables mais aussi nuisibles, pour les enseignants comme pour les élèves ; 6212 lignes pour retracer mon parcours en tant que fonctionnaire stagiaire après l’obtention d’un Capes de Lettres ; 53872 mots pour le dire, dire l’acharnement mais aussi le ridicule de tous ceux qui ne savent que dévaluer, éliminer, qu’ils soient tuteur, formateur, inspecteur, chef d’établissement… ; 352589 caractères pour dresser le portrait de personnages, dignes d’une farce, qui pourraient figurer au panthéon de la bêtise humaine ; 240 pages pour démonter certains rouages pervers de la machine Éducation.

Cette saison se clôt sur une naissance, peut-être une renaissance, l’avenir me le dira, mais une délivrance en tout cas. Car l’écriture m’a permis de me libérer de cette honte, cette culpabilité que l’on veut vous faire ressentir parce que vous êtes licenciée. Licenciée ? de l’Éducation nationale ? Mais quelle faute inavouable cette stagiaire a-t-elle bien pu commettre car, enfin, l’Institution doit avoir de bonnes raisons ? On ne licencie pas comme cela. Eh bien si, il suffit de ne pas valider votre stage. Quant aux méthodes employées, je les traite dans mon roman et j’aurai l’occasion d’y revenir sur ce blog.

10 juillet 2015, l’annonce de mon prochain licenciement – il ne sera réellement arrêté qu’en octobre – c’est là où tout a vraiment commencé. Avant cette date fatidique l’idée d’écrire ce livre avait germé, j’en avais déjà choisi la trame, celle de La Divine Comédie qui m’a servi de fil rouge, un fil que j’ai suivi pour sortir de cet enfer, me reconstruire, et comprendre ce qui m’était arrivé. Comprendre ce licenciement injuste et brutal, sans bien sûr l’accepter, à travers les méthodes et les ficelles juridiques, administratives utilisées pour justifier l’injustifiable : arbitraire, acharnement, dénigrement systématique… la fin justifie les moyens. Des moyens inhumains qui vous laissent confus, blessé, humilié, honteux, impuissant. Et face à vous une Institution qui veut surtout rester impunie.

L’écriture m’a permis de sortir de cette confusion, d’avoir de nouveau les idées claires, de panser mes blessures par l’ironie et la distance qu’elle permet, de relever la tête, de reprendre un droit que l’on m’avait confisqué, celui de faire entendre ma voix et, même si celle-ci reste à l’état de chuchotement, elle aura au moins le mérite d’avoir existé.

L’Enfer de Dante, toujours d’actualité

En 2015, était célébré le 750e anniversaire de Dante, né en 1265, et auteur de La Divine Comédie. Drôle de coïncidence… 2015, l’année même où j’ai commencé la rédaction de mon livre, Une Saison dans l’Enfer des profs tout en m’inspirant de la trame de la Divine Comédie et surtout de la descente aux Enfers.

Pour rendre hommage à Dante et montrer une autre réalité de l’Enfer dantesque, Arte diffuse Mercredi 20 janvier 2016 à 23h10 un documentaire sur le sujet.

Merci à Marie-Thérèse pour m’avoir donné l’info.

Bientôt en librairie, « Une saison dans l’enfer des profs… »

masque-rose-rvb-960pxDans ce roman, inspiré de la réalité, Iris Agate, nous fait partager avec un humour grinçant le quotidien kafkaïen de ces jeunes « élus » tout juste titulaires du fameux Capes.
Tout en établissant un parallèle étonnant avec la Divine comédie de Dante, écrite huit siècles plus tôt, elle nous montre quelles sont les méthodes qu’une administration au sein de l’Éducation nationale, emploie pour briser tous ceux qui refusent l’absurde et l’arbitraire.

Iris Agate est éditrice. Issue d’une famille d’enseignants, elle est titulaire du Capes de Lettres modernes. Elle a enseigné au collège, au lycée et à l’université.

Extrait

«Dans cette société du spectacle où le paraître prenait le pas sur l’être, les stagiaires n’étaient que des animaux de cirque qu’il fallait dompter pour qu’ils ne remettent jamais en cause l’illusion des tours qu’on leur jouait et qu’on leur faisait jouer, dresser pour qu’ils reproduisent sagement toutes les figures, même impossibles, qu’on leur intimait d’effectuer, et qu’ils participent ainsi à l’illusion collective. (…)
Et surtout qu’ils ne s’avisent pas de perdre l’équilibre ! On le leur ferait payer. Pas étonnant que les stagiaires se sentent épuisés après tout cela, surtout lorsqu’ils avaient, comme Iris, une tutrice qui s’occupait en plus de leur casser les pieds. »

Parution : 9 février 2016